PASSONS LES VITESSES ENSEMBLE

Un tour du monde en velo afin de soutenir les communautes locales developpant un tourisme responsable - solidaire, ecologique et equitable -

15 octobre 2007

Les merveilles du sud de la region des lacs

La route du paradis...

DSC00569Apres deux etudes consecutives, je decide de reprendre le velo, curieuse de savoir comment ma tendinite va se comporter. Je me depeche de quitter l inhospitaliere ville d Osorno pour rejoindre le sud de la region des lacs. Le lac Llanquihue ou j arrive le soir meme est splendide, entoure de trois volcans semblant emerger des flots. Je me delecte du calme ambiant, de la douceur du temps et de la chaleur des gens.

Bonne chose. Je ne ressens plus ma tendinite une fois sur le velo. Mais, je sais pourtant qu elle m habite toujours, car a chaque monte d escaliers et a chaque faux mouvement de ma part, elle me rappelle sa presence. C est donc tout doucement et en plusieurs jours que j entreprends de faire le tour de ce magnifique lac a velo.

DSC00601D ailleurs, comment aurait il pu en etre autrement.... Les panoramas d une beaute emouvante sont une constante invitation a l errance. L eau est si claire, le ciel si bleu, le vert de foret dense si profond, les volcans si eblouissants de blancheur, la terre volcanique si noire, le soleil si chaud depuis quelques jours...je m arrete par si, je flane par la et sans m en apercevoir, cette piste caillouteuse - parfois ensablee - me conduit de petits village en minuscules hameaux, de lacs en torrents couleur emeraude ....Puerto Octay, Lac Llanquihue, Ensanada, Petrohue, Lac Todos Los Santos, Puerto Varas....et moi voici deja aux portes de la Patagonie!

Posté par lauriepalayer à 19:24 - Chili - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


08 octobre 2007

Projet touristique de Chol Chol

Etude du reseau de tourisme de Wixunko

Me voici tout juste revenue d un nouvel audit realise dans le village de Chol Chol, situe a une trentaine deDSC00457 kilometres de la ville de Temuco.

Ce village mapuche, aux maisonnettes de bois, est un veritable have de paix et laisse aux visiteurs le plaisir de decouvrir les douceurs de la campagne environnante...collines ondoyantes, forets verdoyantes, paisibles ruisseaux...

DSC00219

Le reseau de tourisme solidaire Wixunko ("eau qui court" en mapuche) ressemble peu aux autres projets que j ai eu l opportunite d etudier auparavant. Sa grande particularite reside dans l heterogeneite de ses membres. En effet, il a le merite de regrouper en son sein des Hommes d ici et d ailleurs: des familles mapuches, des familles chiliennes et quelques colons.

Malgre les differences culturelles, malgre une histoire qui aurait pu attiser la haine et le mepris de l Autre, tous ont souhaite s unir et collaborer pour faire decouvrir aux voyageurs leurs traditions, leur quotidien, leur metier (artisanat mapuche, agriculture, elevage, restauration...etc) et pour affronter ensemble un avenir qui semble difficile. BRAVO!

Posté par lauriepalayer à 23:22 - Chili - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Projet touristique du Lago Budi

Projet de tourisme communautaire au Lago Budi

La region de Temuco, dans laquelle nous avons elu domicile depuis quelques jours, est le dernier bastion des Mapuches.DSC00397 Ni les guerres successives, ni les colons, ni la junte militaire, ni les luttes intestines n ont eu raison ce peuple indigene. A la difference des autres communautes, les Mapuches ont su grace a leur force de cohesion resister et subsister.

En expropriant la majorite des terres appartenant aux Mapuches (afin de les revendre a des colons), Pinochet pensait mettre un terme a cette civilisation. Aujourd hui, alors qu un etranger peut detenir a lui seul des milliers et des milliers d hectares (hacienda), les Mapuches ne possedent quant a eux plus que quelques lopins de terre, tout juste de quoi nourrir leurs enfants. Ainsi prives de la possibilite de developper leurs activites agricoles, les Mapuches de la region ont du imaginer une nouvelle alternative economique: le tourisme.

En plus de cette opportunite economique, les Mapuches ont vu dans le tourisme une maniere de preserver, transmettre et faire connaitre leur patrimoine culturel et naturel. Ne voyant pas d avenir dans les campagnes et ne percevant pas la valeur de leur culture, bon nombre de jeunes mapuches avaient fini par emigrer a Santiago.

Alors que la dictature avait opprime ces peuples indigenes, l avenement de la democratie leur offre un nouvel espoir. En effet, ce projet de tourisme a ete initie en 1999 dans le carde des nouveaux plans de developpement rural exiges par le gouvernement. Aujourd hui, le projet regroupe et soutient 119 communautes mapuches de la region du Lago Budi (soit plus de 600 familles).

DSC00377La region du Lago Budi, ou l unique lac sale d Amerique du Sud se marie avec le Pacifique, offre des paysages tout aussi splendides que reposants. Les differents communautes invitent les voyageurs a decouvrir leurs richesses a travers differentes activites.

Mon pere et moi avons ete formidablement accueillis par la communaute de Llaguepulli. Nous avons apprecie le silenceDSC00422 reignant sur le lago Budi a l occasion d une balade en barque, nous avons ete etonnes par la puissance du Pacifique (pas pacifique du tout!) lors de notre randonnee a cheval, nous avons ete emballes par notre nuit insolite dans une ruka (maison traditionnelle mapuche), surtout, nous avons ete seduits par la gentillesse et le sourire de Selma (petit bout de femme proprietaire de la Ruka) avec qui nous avons partage une veillee au coin du feu a l abri de la ruka...

Posté par lauriepalayer à 22:27 - Chili - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2007

C est le printemps! En direct du Chili...

C est le printemps!

Bien que le soleil n ait pas franchement repointe le bout de son nez depuis le 21 septembre (premier jour du printemps en Amerique du Sud), le voile sombre qui s etait abattu sur notre voyage ces dernieres semaines semble se dissiper peu a peu. Alors que nous stagnions dans le creux, nous avons repris le chemin des sommets.

Le voyage est fait de hauts et de bas. Il est vrai que le vol du sac de mon pere ajoute a ma tendinite avaient en effet voile le ressort qui me permettait autrefois de rebondir face aux aleas du voyage. Plus de velo (tendinite oblige!), plus de photos (les deux appareils photos et les cartes memoires etaient exceptionnellement tous les deux dans le sac de mon pere), 28h de bus pour obtenir un passeport d urgence, des heures interminables dans un commissariat, des soucis bancaires... Bref, des mesaventures qui ne tarderont pas a nous faire rire!

Nous sommes aujourd hui a Pucon ou nous nous sommes refugies des notre depart de Santiago. Cette region a un petit air de Finlande avec ses nombreux lacs, ses immenses forets, ses jolies maisons de bois, sa brume matinale. Le volcan actif de Villarica, pare d une robe neigeuse immaculee et degageant continuellement des fumeroles s impose en maitre des lieux. Nous profitons de ce calme ambiant pour nous reposer de la tension et des courses folles des dernieres semaines.

Bien que le vol du sac de mon pere soit a present de l histoire ancienne, je ne peux pas en dire autant de ma tendinite. Compte tenu de l absence totale d amelioration depuis 3 semaines, je dois me rendre a l evidence et accepter le fait qu il me sera impossible de rejoindre Usuhaia a velo. Je vous avoue que la deception est amere et que la frustration est immense. Une fois de plus, le voyage est une ecole. Une fois de plus, il m apprend la sagesse et me confronte a l echec. Etre assez sage pour revoir a la baisse mes ambitions de depart, mon reve. Depasser ce sentiment d echec pour donner une nouvelle impulsion a mes 3 derniers mois de voyage...

Posté par lauriepalayer à 00:49 - Chili - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2007

Mon pere reprend la plume...

"Lundi 3 septembre 2007-09-06.

On ne sait jamais, en prenant la route chaque matin, le denivele que nous allons effectuer dans la journee. Nous avons pourtant deux cartes de l Argentine, mais aucunes d elles n est assez fiable pour nous donner la topographie exacte du trerrain. Nous croisons tout de meme nos informations avec celles prisent sur Internet et le Guide du Routard, mais le doute persiste toujours.

Nous decidons ce matin de partir plus tot. La distance entre La Viña et Cafayate nous oblige a prendre un peu de marge au cas ou. Nous avons fait, au prealable, le plein d eau pour nous permettre d arriver a Alemania, petit bourg situe a mi-distance de notre parcours d apres la carte .Nous decidons au bout de 40kms de faire la pause "casse-croute" sur un promontoire qui domine le rio de Las Conchas… Nous avons pris l habitude avec Lolo de nous arreter toutes les deux heures quelque soit la distance parcourue. Les paysages sont merveilleux et la temperature est clemente en ce debut de journee. Nous serions bien restes plus longtemps a admirer ce que la nature a mis des millenaires a faconner. Nous reprenons tout de meme la route en imprimant dans nos memoires et notre boitier numerique notre passage d homos-sapien dans ce temple millenaire.

Laurie se plaint depuis hier de son genou droit. La difficulte du parcours et ses 30kgs de charge ont reveille une vieille blessure qu elle avait contractee en Asie… Je suis inquiet, car la cote s accentue au fil des kilometres, la chaleur devient lourde et le vent plus fort. Nous decidons de faire le point a Alemania. La beaute des paysages nous fait oublie un moment sa blessure. On se croirait dans un decor de film de western americain. La nature a modele ici une palette de couleurs incroyables et sculpte des formes les plus bizarres. Chacun  peut  laisser aller son imagination, mais il y en a une ou tout le monde est unanime, c est un rocher en forme de crapaud… C est saisissant de verite: vous pourrez le constater prochainement en consultant le blog.

Malgre ces reconfortants paysages, la tendinite de Lolo est bien presante. Elle souffre le matyre et envisage de rentrer a Cafayate en stop. Nous attendons avec impatience le village d Alemania pour refaire le plein d eau et prendre une collation. Malheureusement, le bourg n existe que sur la carte. Nous effectuons cependant quelques arrets, mais la douleur est bien presante. J envisage un moment de la pousser, mais nos sacoches s entrechoquent et j abandonne tres vite cette idee.

A force de courage, nous arrivons enfin a Cafayate a 16h30. la journee a ete longue et le parcours exigeant avec une chaleur excessive pour la saison. Nous sommes a la fin de l hiver en Argentine et nous avons flirte toute la journee avec les 30 degres, temperature anormale aux dires des locaux. Ce qui prouve ici comme ailleurs que la planete se rechauffe!

Nous avons fait 600kms en une semaine. C est certainement trop pour une reprise. Si Laurie veut poursuivre son periple jusqu au bout, elle doit prendre du repos. Nous decidons d un commun accord de poursuivre la route en bus et de reprendre le velo dans quelques jours."

Posté par lauriepalayer à 00:09 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2007

De nouvelles photos...

Notre arrivee a Salta (apres 400kms sur l Altiplano) me permet de vous envoyer quelques cliches sur l Argentine et la Bolivie (Lac Titicaca et Amazonie). A bientot!

Posté par lauriepalayer à 22:33 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 août 2007

Un petit mot de Paps

Je transmets la plume a mon cher padre... Il s agit de quelques extraits de son journal de bord.

"Lundi 27 aout 2007

En sortant de l hotel Mounay a

la Quiaca

, j ai roule sur une grosse merde de chien. En esperant que ce symbole soit un bon presage et nous porte chance tout au long de notre periple. Ce matin en passant le poste frontiere de l Argentine, un panneau indiquait

la Quiaca- U

shuaia 5121kms. J ai souhaite bonne chance a Laurie, car je l abandonnerai a mi parcours (Santiago du Chili) debut octobre. Les premiers Kms de

la Panamarica

sont faits avec un leger vent de face qui ne nous gene pas trop pour l instant, je dis pas trop car le vent du nord peut souffler tres fort et devenir un handicap serieux pour tous les cyclos qui descendent dans le sud. Les cyclos argentins rencontres la veille nous avaient assures que la route qui menait a Salta etait un faut plat descendant. Sur les 75kms que nous avons effectues aujourd hui, je n ai pas eu l impression que cela descendait. Il faut avouer que l Argentine est cinq fois plus grande que

la France

et que la pente annoncee par nos amis argentins est longue de 400Kms. Nous verrons bien demain…."

Nous arrivons enfin a Abra Pampa. Le premier souci est de trouver un hotel [en effet, impossible de dormir sous la tente a 3500m]. Le village semble tellement isole que nous doutons un peu sur sa capacite d hebergement. Le premier hotelier nous informe qu il vaut mieux aller chez son concurrent. Bizarre comme attitude. Nous nous executons. En effet, le second hotel semble plus accueillant. S il fallait decerner des etoiles, je lui accorderais une demi etoile, car les sanitaires sont toujours crades et les douches se prennent au meme endroit, c est a dire dans les chiotes....et le PQ se jete dans une poubelle....specialite sud americaine!

Mardi 28 aout 2007

Nous n avons pas bien dormi cette nuit. Le vent, l altitude et surtout les permiers coups de pedales ont puise plus que je ne le pensais dans nos reserves. [...] Nous venons de franchir un col a 3780m et prenons quelques cliches pour immortaliser notre passage. [...] La route est jalonnee de parcs ou de nombreux lamas nous regardent passer tete droite, l air surpris de voir passer des confreres avec moins de laine sur le dos.

Mercredi 29 aout 2007

C est donc vrai, il y a une heure de decalage horaire avec la Bolivie. C est le moment de regler nos montres a l heure argentine.[...] Il fait encore vif ce matin. Nous sommes tout de meme a 3000m d altitude. Nous avons garde nos polaires pour la longue descente qui nous amene a Tilcara. Les paysages sont merveilleux. Nous prenons beaucoup de photos en esperant que les lumieres soient les memes sur nos cliches. Nous prenons un cafe chaud dans une station [service] qui ressemble aux notres. On avait presque oublie depuis un mois que cela existait. Chose etrange: tous les argentins rentrent avec un thermos pour le remplir... Laurie en deduit que ce doit etre du Mate (boisson nationale). On se jure de le gouter le plus tot possible. [...] Le vent s est mis a souffler plus fort. Je decide de prendre le velo de Lolo pour connaitre les difficultes qu elle a avec son derailleur avant... J ai l impression d etre colle a la route. La prise au vent est terrible et la charge est plus importante. Je comprends qu elle patisse. Elle en a marre. Nous nous arreterons a notre etape comme prevu [a Purmamarca] et nous ne prolongerons pas nos efforts pour rejoindre Jujuy comme nous l avions eventuellement envisage le matin meme. Les 60 kms supplementaires sont de trop pour Lolo. [...] Le petit village de Purmamarca reste authentique [...] mais c est surtout l aspect geologique qui entoure le village qui est etonnant, avec des palettes de couleurs qui passent du rouge au vert, du blanc au gris. Nous profitons de notre apres midi de detente pour arpenter un sentier qui nous amene dans un decor naturel incroyable."

Je reprends la plume quelques instants pour vous informer qi il n y aura pas de photos cette fois ci, car je ne parviens pas a ouvrir ma carte memoire.

Posté par lauriepalayer à 23:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La petite histoire du tourisme durable...ou la famille Palayer en Bolivie

Il etait une fois une jeune fille partie faire un petit bout du monde a velo. Elle voulait ainsi se faire une idee plus precise des pratiques et modeles de tourisme durable. L arrivee de sa famille en Bolivie constituait une excellente occasion d abandonner pour quelques temps son velo et de se consacrer pleinement a l etude de projets de tourisme durable.

Sa famille seduite a l idee de rendre sa presence un peu plus utile et animee par l envie de connaitre la vraie Bolivie accepta immediatement la proposition. Ils etaient donc partis tous les 5 a la decouverte des tresors boliviens, pousses par le desir de voyager autrement.

Ils avaient eu echo d un projet dans le Uyuni. Decouvrir les deserts de sel et les lagunes colorees du sud Lipez a travers les yeux de la population locale, connaitre les coutumes et les defis actuels de la communaute et de surcroit participer au fond d aide au developpement de cette meme communaute (soins, education, infrastructures...) les enchantaient. Ils avaient pris soin de prendre contact avec la communaute longtemps avant leur arrivee. Leur timing de vacances etant assez serre, ils tenaient a partir dans cette region au plus tard lundi. Les jours s egrainaient et la communaute tardait a donner signe de vie. Dimanche soir arriva, sans nouvelle du projet malgre les relances. La deception fut grande. Ils voulaient voyager autrement et faute de reactivite de la part de la communaute ils allaient etre contraints de voyager "massivement" (reference au tourisme de masse). Les paysages furent tout aussi epoustouflants que sils avaient voyage "durablement". Mais, ils emprunterent la piste que les 24 4x4 en tete avaient prise et que les 25 autres en queue allaient prendre, ils mangerent a l occidentale, ils en apprirent relativement peu sur les problematiques endemiques a la region, ils retrouverent le soir une communaute de touristes a defaut de la communaute locale et renfloueremt les caisses bien remplies des tours operateurs.

Cette premiere tentative avortee n avait pourtant pas terni la motivation de nos 5 baroudeurs. La cyclotrotteuse s avait que l Amazonie regorgeait d initiatives en tourisme durable. A leur arrivee a Rurrenabaque se fut un veritable chemin de croix pour localiser les bureaux des differents projets et un agacement total de constater que la moitie d entre eux etaient fermes (a une heure ou l activite des agences classiques bat son plein!). Aussi abouti un projet de tourisme durable puisse etre, aussi inutile est son serieux si les voyageurs n ont aucun moyen d entrer en contact avec les "voyages"!

La famille partit donc a la peche aux infos aupres des quelques bureaux de tourisme durable ouverts. Leur mine enjouee se decomposa au fil des agences. Le tourisme durable ne se resume t il donc qu a un tourisme de luxe? Quand on lui annonce des prix trois fois superieurs a ceux des agences classiques, la famille est effectivement en mesure de penser que cette forme de tourisme est exclusivemet reservee aux bourses les plus garnies. Et quand elle demande des justifications sur les prix excessifs, on lui repond vaguement que c est la qualite qui fait la difference. Pourtant celui qui voyage dans un esprit de partage n a aucunement besoin qu on lui construise un palace dans la jungle! Pour mieux comprendre les locaux, ne vaut il pas mieux se mettre a leur portee? a leur place? Certes, un confort minimum est necessaire pour que la decouverte des Autres reste un plaisir. Mais ce confort ne doit en aucun cas prendre des dimensions honteuses et localelemt decalees. Revenons encore une fois sur les prix excessifs des prestations. Quand bien meme cet argent revenait a la communaute elle meme (et la cyclotrotteuse en doute fort compte tenu du degre de corruption en Bolivie), les sommes recues par les indigenes seraient astronomiquement demesurees. Sachant qu une institutrice locale gagne 80 USD par mois et que la communaute exigeait 60 USD par jour et par personne, on saisit immediatement le danger d un tel gain. Cette disproportion entre le niveau de vie local et la manne financiere excessive issue du tourisme met en danger les activites traditionnelles au profit d une monoactivite immediatement lucrative mais perilleuse (instabilite des flux): le tourisme. Un fois de plus, la famille se resolut a passer par une agence de tourisme classique pour decouvrir les antres de la pampa et la selva.

Malgre leurs vaines tentatives a voyager autrement, la petite famille en vadrouille n a pas baisse les bras. C est ainsi qu elle partit, avec l organisme TES (Turismo Ecologico Social) a la decouverte des projets montes par trois communautes (une entreprise familiale d agrotourisme - une association de femmes s etant specialisee dans la vannerie - une cooperative de femmes produisant des vins et des confitures).

Le voyage en Bolivie arriva a sa fin sans que la cyclotrotteuse n aie eu l opportunite de visiter de nombreux projets interessants. Les defis qu elle allait devoir relever au cours de son avenir professionnel (car malgre ses desillusions, elle comptait toujours se lancer dans la bataille du tourisme durable) s averaient donc etre encore plus forts qu elle ne se l etait imaginee. Une chose etait certaine, elle allait se battre autant qu elle le pourrait pour que le tourisme durable ne soit plus une utopie.

Posté par lauriepalayer à 21:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 août 2007

Premier apercu de la Bolivie

Quelques photos de Bolivie en attendant les commentaires...

Posté par lauriepalayer à 00:04 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juillet 2007

Bilan des 6 mois en Asie

Apres un voyage epuisant comprenant 36h de vol et 40h d escale, je viens enfin d atterrir a Santa cruz de la Sierra. Bien mes pieds aient effectivement foules le sol bolivien, ma petite tete, elle, n a pas encore effectuee son atterrisage complet. Le depaysement, le decalage horaire et la grosse fatigue accumulee ne m aident pas a prendre conscience et a intergrer tous les elements de ce tout nouvel environnement. Je ne me plains pas : la cause vaut bien ces quelques desagrements!

Si je ne suis pas encore apte a vous livrer mes premieres impressions de la Bolivie, je peux en revanche etablir un bref bilan de mes 6 mois de voyage en Asie.

Commencons tout d abord par le bilan "cycliste": auncune blessure grave, aucun probleme technique (seulement quelques reglages), aucune crevaison, aucune vraie chute (mais de nombreuse a l arret et en montee). Le bilan est donc tres encourageant et j espere que tout se passera aussi bien en Amerique du Sud. La seule difference est que j abandonne mon velo couche pour un velo classique. En effet, je ne suis pas parvenue a m adapter a la position couchee et n envisageais pas sereinement les Andes avec les contraintes que m imposait ce velo. Je ne regrette pour autant pas d avoir tente le coup et d avoir arpente les paysages asiatiques avec cet etrange velo (meme si cela s apparentait a une folie pour certains). Les sensations sportives ne furent pas excellentes, mais ce velo particulier aura eu le merite de suciter l etonnement de mes hotes et de favoriser ainsi les rencontres et les elans de generosite. J en profite ici pour remercier l equipe hors pair sans laquelle ce changement de velo a mi parcours n aurait pu etre possible! Merci a vous tous pour avoir acheminer mon velo couche jusqu en France, pour avoir accepter de le stocker a Paris, pour m avoir aider a imaginer un nouveau velo adequate, pour avoir degoter ce velo et l acheminer prochainement jusqu en Bolivie!

Quant au bilan sur le tourisme, il s avere bien plus mitige. En effet, de tres honnorables projets cotoient des pratiques touristiques malhonnetes, voire illegales.

Comment rester insensible devant la pratique ehontee et toleree du tourisme sexuel en Thailande. Pratique dont le gouvernement s avoue complice puisque il autorise la publication et la vente d un dictionnaire anglais/thai (Le Guide des Bars) regorgeant d expressions crues relatives au domaine du sexe.

Ensuite, comment ne pas etre offusquee par l exploitation commerciale des populations indigenes. Je pense notamment a l ethnie des femmes girafes peuplant le nord de la Thailande. Le village les abritant est actuellement aux mains d une entreprise privee thailandaise qui a pris soin de cloturer les lieux et de se reserver la quasi totalite des droits d entree. L activite economique (hors tourisme) n existe plus et les femmes girafes se voient reduites a une floklorisation forcee de leurs coutumes. L exploitation touristique des minorites ethniques de la region de Sapa (nord Vietnam) constitue un autre exemple tout aussi eloquant.  Ce n est pas innocent si de magnifiques Hmongs et Daos en tenue traditionnelle couvrent les murs des agences de voyage de Sapa et Hanoi et illustrent les immenses panneaux publicitaires vous accueillant a Sapa. Il ne fait aucun doute que ces indigenes soient le principal motif d un voyage a Sapa. Les agences de voyages l ont bien compris et s en servent d appat afin de remplir aisement leurs caisses. De ces masses d argent realisees par le passage des groupes dans les villages ethniques, les minorites n en voient presque rien, les agences de voyages ne reversant qu une somme "symbolique" aux indigenes. La situation est loin d evoluer dans le bon sens puisque seuls les habitants de nationalite vietnamienne (ce n est pas de cas des minorites) ont le droit d etablir un business et donc de posseder une agence de voyages.

Pour continuer dans ce triste tableau,  il m est impossible de ne pas evoquer la "mafia" touristique visant a l exploitation meme du voyageur. J ai pu lire quelques lignes sur le trafic organise a Siam Reap (Cambodge - Angkor). Les hoteliers "achetent" des touristes aux agences chargees d organiser le transport de la frontiere thailandaise aux temples d Angkor. Ces Cies ont pour tache d epuiser les touristes et usent a cet effet de multiples manoeuvres : nombreux arrets, changements de bus, fausses pannes...etc. L objectif est clair : "decharger" a Siam Reap des touristes dans un etat d epuisement tel qu ils ne puissent plus avoir assez d energie pour chercher par eux meme un hotel. Les Cies de transport revendent alors facilement leur cargaison de touristes aux hotels inclus dans le reseau (prix de vente : 5 dollars par touriste). Les hotels complices de cette supercherie y voient l avantage d etre alimentes par un flux consequent et regulier de touristes. La remuneration des transporteurs est largement compensee par les services annexes que les touristes seront fortement invites a consommer une fois dans l hotel (restauration, circuits, location de velo.:.etc).

Les pratiques touristiques hanoiennes meritent elles aussi quelques lignes. Autant vous dire qu il est presque impossible de sejourner a Hanoi plus de 2 jours. Les hoteliers n hesiteront pas a vous mettre a la porte (et cela, a n importe qu elle heure de journee et de facon plus ou moins brutale - pour Bertrand et moi, ce fut la version musclee) si vous ne leur reservez pas un circuit. Si votre souhait est tout simplement de profiter des attraits de capitale, vous devrez alors user de stratagemes pour eviter l expulsion. Nous, nous avions opter pour la comedie et laissions croire a l achat imminent d un circuit lors du check in....Sachez que la comedie n a qu un temps et qu il vous faudra changer d hotel tous les 2 jours et repeter a chaque fois cette mise en scene!

Meme si ces pratiques mercantiles, malhonnetes et denuees de toute consideration ethique ont ponctue mes peregrinations asiatiques, ce voyage m a aussi et surtout permis de recenser et d apprehender de magnifiques projets de tourisme durable (que j ai eu l occasion de mentionner dans mes precedents billets). Projets qui replacent l Homme (visiteur et visite) et la nature au centre de l echange et qui visent a une repartition equitable des richesses generees (pour autant que l on ait pas fait du tourisme durable une utilisation galvaudee). Il est evident que la lutte pour un AUTRE tourisme sera longue et semee d embuches, mais l espoir reste entier au vue des actions et projets menes par certaines associations deja fermement engagees dans la bataille (www.echoway.org).

Hasta luego!

PS: Je profite de ce billet pour revenir sur un commentaire qui m a ete poste, a juste titre. Je tiens a rectifier le dernier billet en precisant que je n englobe pas la totalite des Vietnamiens dans mes propos, meme si j ai pu negligemment omettre de specifier a chaque fois qu il s agissait bien de la majorite des Vietnamiens rencontres et non du peuple vietnamien dans son ensemble. Tres rares ont ete les belles rencontres au Vietnam, mais il y en a tout de meme eues!

Posté par lauriepalayer à 00:11 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »